Cette sous catégorie concerne les documents de type rapport d’études

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Rapport d’activités 2017

Veuillez trouver l’intégralité du rapport d’activité ici.

Le plan de changement 2017 de l’Association des Femmes Juristes du Burkina-Faso (AFJ/BF), intitulé appui aux activités de l’AFJ/BF a été articulé autour de quatre (04) objectifs. En vue d’atteindre ces objectifs fixés, vingt-trois (23) activités, regroupées au sein de trois (3) axes stratégiques, ont été programmées. Le présent rapport fait l’état de la mise en œuvre de l’ensemble des activités programmées et les résultats atteints au cours de l’année 2017.

1. Axe stratégique 1 : Renforcement des connaissances et /ou compétences des acteurs judiciaires, extra judiciaires et promotion des droits de la femme et de la jeune fille

Cet axe regroupe l’ensemble des activités visant au renforcement des compétences des acteurs externes à l’AFJ/BF. Il s’agit des formations des acteurs judiciaires et extra-judiciaires intervenant dans le domaine des droits humains, des activités de sensibilisation des leaders communautaires, des femmes, des jeunes filles et des populations sur les droits des femmes et des filles en vue d’un changement de comportement pour le respect desdits droits.

Résultats:

  1. Activité: Effectuer des sorties de suivi des formations réalisées en 2016
    • Il ressort qu’au total 191 cas de violences faites aux femmes ont été reçus par les acteurs formés et 133 ont été traités et résolus, soit un taux de traitement de 70%.
    • Selon le sondage, 92% des acteurs formés appliquent dans leur travail quotidien les acquis de la formation.
    • Les méthodes d’approche des formés se sont améliorées surtout en ce qui concerne les techniques d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violences
  2. Activité: Former 30 acteurs judiciaires dont au moins cinq (05) femmes sur les instruments juridiques nationaux régionaux et internationaux protégeant la femme et la jeune fille dans chacune des Régions suivantes : le Nord, le Centre Nord, et le Sud-Ouest
    • Quatre vingt (88) acteurs judiciaires ont une perception plus objective des violences faites aux femmes et aux filles.
    • Les quatre vingt (88) acteurs judiciaires formés sont aptes à appliquer les différents textes pour une meilleure prise en charge des femmes et filles victimes de violences qui auront recours à leurs services.
  3. Activité: Former les acteurs extra-judiciaires (Agents de l’action sociale, de la santé) sur la prise en charge des femmes victimes de violences
    • Soixante quinze (75) agents de santé, de l’action sociale et des responsables d’associations ont renforcé leurs compétences sur la prise en charge des femmes et des filles victimes de violences
    • Les acteurs formés sont outillés pour une meilleure prise en charge des femmes et des filles victimes de violences
  4. Activité: Organiser des émissions sur les radios locales sur l’accès à la terre à Tanghin-Dassouri et à Saaba.
    • Les populations de Tanghin Dassouri sont sensibilisées sur la nécessité de garantir un accès sécurisé des femmes à la terre
    • Les autorités locales se disent plus favorables à l’accès des femmes à la terre
  5. Activité: Organiser des journées de réflexion sur l’accès des femmes à la terre à Koubri, Donsin, Bagré, Sapouy et Léo.
    • 123 leaders sont sensibilisés sur l’importance de favoriser l’accès sécurisé des femmes et des filles à la terre
    • Les leaders sensibilisés se sont dits favorables à un accès sécurisé des femmes à la terre
  6. Activité: Organiser des séances de sensibilisation des femmes et des filles sur leur accès à la terre à Koubri, Donsin, Bagré, Sapouy et Léo
    • 302 femmes et filles ont amélioré leurs connaissance sur les conditions et procédures pour l’établissement des APFR
  7. Activité: Organiser des séances de sensibilisation des leaders politiques de la Région du Centre sur l’accès des femmes aux sphères de décision 
    • 100 représentants sont sensibilisés afin de contribuer à l’amélioration de la représentativité des femmes dans les sphères de décision de leurs localités
    • des initiatives ont été entreprises par certains leaders sensibilisés pour une meilleure représentativité des femmes aux sphères de décision

2. Axe stratégique 2 : Assistance juridique, judiciaire et sociale des femmes et filles victimes de violation de leurs droits

Cet axe englobe l’ensemble des activités d’assistance réalisées au sein des cliniques juridiques de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. En rappel, les cliniques juridiques sont gérées par des juristes qui bénéficient régulièrement de l’appui de praticiennes du droit que sont les magistrats. Les cas les plus complexes reçus à la clinique juridique sont référés vers les cabinets d’avocats avec lesquels un partenariat est établi pour l’assistance des femmes. Depuis 2015, une psychologue apporte une assistance aux femmes et filles pour la gestion des traumatismes subis.

Résultats:

  1. Activité: Assister les femmes et les jeunes filles victimes de violences à travers les cliniques juridiques de Ouaga et Bobo et 3 cabinets d’Avocats.
    • On dénombre 361 femmes et filles assistées sur les 394 cas reçus, soit un taux de 92% femmes et filles assistées.
    • 160 dossiers sur les 394 ont été traités et clôturés soit un taux de résolution de 40%.
    • 172 parmi les 361 femmes assistées ont décidé de faire valoir leurs droits à travers une action en justice ; soit un taux de 47.6%.
    • Sur ces 172 femmes, 56 ont bénéficié de l’assistance d’un avocat, soit un taux de 32.5%
    • 52 décisions rendues par les juridictions ont été en faveur des femmes et des filles.
  2. Activité: Assurer une prise en charge psychologique aux femmes victimes de violations de leurs droits à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso
    • Cette année six (6) femmes et filles ont été assistées par la psychologue.
    • 69% des femmes assistées se disent satisfaites de l’appui psychologique reçu
  3. Activité: Organiser et tenir une rencontre de concertation avec la section de Bobo-Dioulasso
    • Engagement pris par le BEN de prévoir des activités de sensibilisation dans le Plan de changement 2018, pour la section de Bobo en vue accroître la fréquentation la clinique juridique.
    • Programmation de l’assemblée générale de renouvellement pour la section de Bobo.
    • Engagement pris par la section de prospecter afin d’avoir de nouvelles membres en vue de sa redynamisation

3. Axe stratégique 3 : Renforcement de l’efficacité et de l’efficience de l’Association des Femmes Juristes du Burkina Faso (AFJ/BF)

Les activités inscrites dans cet axe stratégique concourent à l’amélioration des interventions de l’AFJ/BF à travers le renforcement d’une part des compétences des membres et d’autre part des capacités de l’AFJ/BF.
Il s’agit de l’axe qui a enregistré le plus d’activités non réalisées cette année

Résultats:

  1. Activité:Former les membres et personnel technique de l’AFJBF en mobilisation de ressources
    • Les membres se sont appropriés le plan d’action en mobilisation de ressources de l’AFJ/BF
    • Des propositions ont été faites pour améliorer la mobilisation des ressources : augmenter le montant des cotisations ; ouvrir un compte Orange money pour faciliter le paiement des cotisations,
    • Faire des rapports mensuels d’activités aux membres,
    • Mettre en œuvre d’autres stratégies de mobiliation de ressources sutout avec la commémoration du 25ème anniversaire prévue en 2018

 

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Situation des droits de la femme et de la jeune fille au Burkina-Faso – 2012

Veuillez trouver l’intégralité du rapport ici

Le rapport sur la situation des droits de la femme et de la jeune fille est élaboré par l’Association des Femmes Juristes du Burkina Faso (AFJ/BF) avec l’appui de partenaires techniques et financiers que sont l’Ambassade Royale du Danemark et l’Institut Danois des Droits de l’Homme (IDDH).

Il concerne la situation des droits de la femme et de la jeune fille des cinq (5) dernières années (2008-2012). L’analyse de la situation des droits de cette catégorie de personnes a été faite sur la base de données existantes et d’une enquête qui a couvert huit régions du Burkina Faso et touché quatre cent cinquante (450) personnes des deux sexes évoluant dans des catégories socioprofessionnelles diverses.

Premier rapport du genre produit par l’AFJ/BF, le rapport sur la situation des droits de la femme et de la jeune fille au Burkina Faso a mis l’accent, sur les principaux obstacles à l’effectivité de chaque catégorie de droits humains de la femme et de la jeune fille au Burkina Faso. Ainsi, il comprend trois (3) parties principales

  • l’analyse du cadre juridique,
  • la situation des droits de la femme et de la jeune fille,
  • les recommandations.

En ce qui concerne le cadre juridique, on peut retenir que le Burkina Faso dispose d’une législation fournie garantissant aux femmes et aux jeunes filles leurs droits humains. Le Burkina Faso a en effet, ratifié la plupart des conventions internationales et régionales régissant les droits de la femme et de la jeune fille. Le pays a par exemple ratifié la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDEF), le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits de la femme en Afrique, la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant (CADBE). Par ailleurs, on observe que le Burkina Faso satisfait tant bien que mal à son obligation de présentation de rapports de mise en œuvre de ces instruments juridiques.

En ce qui concerne la législation au plan national, on retient que depuis l’adoption de la Constitution en 1991, le Burkina Faso s’est doté de textes juridiques dont le contenu est fortement influencé par ceux des instruments internationaux. Les plus connus sont le Code des Personnes et de la Famille (CPF) et le Code pénal ; on note aussi l’adoption de textes spécifiques visant à éliminer la discrimination à l’égard de la femme et de la jeune fille. Mais, la législation interne contient des lacunes qui résident notamment dans l’absence de définition de la discrimination dans la Constitution, l’absence d’une disposition générale interdisant la discrimination dans le Code des personnes et de la famille, l’absence de textes spécifiques réprimant certaines violences faites aux femmes. Par ailleurs, le Code des personnes et de la famille contient des dispositions discriminatoires, notamment celles qui consacrent une tolérance de la polygamie, une prééminence du mari dans le choix de la résidence familiale en cas de désaccord entre les époux et une disparité entre le garçon et la fille en ce qui concerne l’âge matrimonial.

L’analyse des données de l’enquête a permis de faire les observations suivantes sur la situation des droits de la femme et de la jeune fille :
Concernant les droits civils, les traditions, coutumes et pratiques culturelles sont sources de discriminations à l’égard des femmes et des jeunes filles et constituent de ce fait, un véritable obstacle à la jouissance effective de leurs droits civils. En effet, ces croyances et pratiques conduisent dans certaines situations à leur rejet, stigmatisation, exclusion sociale, voire à la dénégation pure et simple de leurs droits.

C’est le cas du rejet des filles mères, de l’exclusion sociale des femmes âgées accusées de sorcellerie, du « déclassement » des vieilles femmes, des mariages forcés et précoces ainsi que des mutilations génitales féminines. Les droits reconnus au conjoint survivant notamment sur les biens successoraux, sur les enfants issus du mariage sont violés malgré l’existence des textes qui protègent ces droits. L’accès à la justice pose d’énormes difficultés à la femme. Toutefois, la situation des femmes incarcérées est satisfaisante au regard de leurs conditions de détention et de traitement par rapport à celles des hommes.

Relativement aux droits politiques, la femme et la jeune fille connaissent de sérieuses difficultés quant à leur participation citoyenne et à leur représentation dans les sphères de décision. L’adoption de la loi sur le quota genre laisse espérer un changement positif de la situation mais l’absence de textes d’application de cette loi constitue un handicap. Par ailleurs, sa première application aux récentes élections couplées du 02 décembre 2012 n’a pas produit les résultats escomptés.

Au niveau des droits sociaux et culturels, le droit à l’éducation de la jeune fille connait un essor, même si des difficultés existent concernant l’accès à l’emploi en raison de son sexe. La liberté de croyance est difficilement reconnue à la femme.

Concernant le droit à la santé, la femme et la jeune fille vivent des situations qui mettent en péril leur santé : les mariages précoces, les mutilations génitales féminines (MGF), les grossesses rapprochées, l’interdiction de prendre des méthodes contraceptives, voire de fréquenter les centres sanitaires.

Les filles vivant avec un handicap et les filles domestiques vivent des situations précaires. En effet, la fille handicapée est marginalisée dans la société tandis que la fille domestique est souvent victime de traitements inhumains et dégradants.

La situation des droits économiques de la femme et de la jeune fille est loin d’être satisfaisante au regard de leurs difficultés d’accès à la terre et aux crédits. Malgré les efforts du pays à travers les mesures législatives et les différents projets de promotion et d’appui aux activités économiques de la femme et de la jeune fille, la pauvreté touche essentiellement cette tranche de la population que sont la femme et la jeune fille.

Les pesanteurs socioculturelles empêchent la femme et la jeune fille de jouir de leurs droits économiques au même titre que les hommes. Considérée comme une propriété de son mari ou de ses parents, la femme ou la jeune fille a difficilement accès à la richesse et au pouvoir économique. En outre, la division sociale du travail fait peser plus de charges familiales sur la femme.

La femme et la jeune fille, sont parfois sujettes à l’exploitation économique et exposées à la traite des personnes tant au niveau interne qu’externe.

La situation de la femme rurale est la plus déplorable. En effet, la femme rurale fournit d’énormes efforts au quotidien sans qu’il n’y ait une incidence remarquable sur son niveau de vie.

La situation des droits de la femme et de la jeune au Burkina Faso interpelle. D’où la nécessité pour chaque acteur de jouer sa partition, en mettant notamment en œuvre les recommandations du présent rapport.